Notre Histoire

Notre histoire

60 ans au service des personnes en souffrance

1953 - 1955

 Le projet de créer l’association est né de la rencontre des membres du mouvement Vie nouvelle et de spécialistes de la psychiatrie et de l’éducation.
 « Vie nouvelle » était une association issue du scoutisme, de sensibilité chrétienne et sociale, fortement influencée par le personnalisme communautaire d’Emmanuel Mounier.
 La récente expérience de la guerre et de ses suites faisait ressortir comme valeur essentielle la personne humaine inséparable de son appartenance à la communauté sociale. La situation difficile, souvent tragique, d’une grande partie de la jeunesse, les déséquilibres psychopathologiques et la délinquance juvénile appelllent des réponses que l’État n’apporte pas. Il a à reconstruire le pays.
 Le projet d’aider cette population délaissée à éviter l’asile ou la prison est conçu comme un engagement social, réalisation possible d’un idéal partagé par les membres du mouvement. Mais si l’action envisagée se fonde sur des bases éthiques, les conseils fournis par le professeur Heuyer aussi bien que les enseignements de l’université nous orientent vers une recherche d’efficacité par la technicité.
 Dans ce domaine, si rien n’est possible sans l’amour, celui-ci « ne suffit pas ». Il nous paraissait indispensable de développer une méthode d’intervention associant à l’esprit de service la rigueur et l’efficacité que pouvent fournir les sciences humaines en développement : psychiatrie, psychologie, pédagogie.
 Ces idées directrices inspirent la rédaction des statuts. Elles servent également de référence commune à tous ceux qui contribuent à la mise en oeuvre de Rénovation, que ce soit comme membres de l’association ou comme acteurs des institutions qu’elle va ouvrir.

1955 - 1971

 L’expérience difficile et passionnante des débuts de la première institution, l’internat de Terrefort, va conduire à créer progressivement des services différenciés permettant d’offrir des réponses mieux ajustées aux besoins et à l’évolution des adolescents « caractériels intelligents » qu’il accueille. Un semi internat est ainsi ouvert à Libourne en 1961 puis un externat à Toignan en 1966 à Saint-Loubès.
 D’autre part, une constellation d’unités d’accueil groupées autour d’un centre de soins est mise en place et animée par une équipe réunie sous l’impulsion de Simone Noailles et du Docteur Michel Demangeat en 1961. Ce Centre de réadaptation, foyer éclaté de post-cure, va ensuite appeler en 1969 la création d’un Foyer protégé offrant aux jeunes malades mentales dont l’évolution le nécessite, un cadre durable d’accueil et de soins à Pessac.
 Les deux branches, masculine animée par Jean Hassler, et féminine animée par Simone Noailles, sont alors en place.
 Cependant, des demandes de prise en charge pour des adolescentes présentant des difficultés semblables à celles auxquelles s’efforcent de répondre les équipes de Terrefort et Toignan pour des garçons, nous conduisent à créer un internat pour jeunes filles à Pessac en 1970 : le foyer Le Chêne ; et à transférer le foyer de Libourne pour grands adolescents en septembre 1969 aux Templiers à Talence, ce qui offre beaucoup plus de possibilités en structures scolaires secondaire, universitaire et professionnelle.

1972 -1975

 Le renouvellement des conceptions et des dispositifs d’aide à la santé mentale représenté par le mouvement de sectorisation va mobiliser notre énergie dans une nouvelle direction.
 Répondant aux sollicitations du professeur Marc Blanc, nous mettons en place en 1972 le Centre de Santé Mentale Infantile, pivot du secteur infanto juvénile universitaire dirigé par le professeur Pierre Geissman, complété par un service AEMO couvrant le même territoire.
 C’est aussi à la demande d’un intersecteur de pédopsychiatrie que nous avons ouvert en 1972 à Libourne un externat médico-psychopédagogique accueillant de jeunes enfants.
 Le nombre et l’importance des équipements ainsi créés vont conduire, après une réforme des statuts, à créer une direction générale confiée en 1974 à Melle Simone Noailles. En 1976, l’association est reconnue d’utilité publique.

1975 - 1989

 Sous le double empire de la convention collective de 1966 et de la loi de juin 1975, l’association vit alors une période de développement harmonieux, avec de nombreux appuis dans le monde administratif, universitaire et politique qui lui permettent de traverser sans grande inquiétude, et dans une paix sociale constante, la sectorisation, la décentralisation, les crises ponctuelles de tel établissement ou service, les adaptations, les déménagements…
 C’est ainsi la période où nous acquérons et aménageons les T »empliers et l’externat Toignan devenu Bellevue à Ambarès. Le Centre de Réadaptation évolue dans son organisation, introduisant la mixité en 1974 et redéfinissant le mode de prise en charge à partir des trois foyers en centre-ville, sur le modèle qui prévaut encore aujourd’hui.
 En 1975, dans la lignée des développements nécessaires en psychiatrie infanto-juvénile, nous construisons et ouvrons un hôpital de jour pour adolescents « La Forêt » à Eysines, devenu depuis 1996 l’hôpital de jour du Parc à Bordeaux. L’établissement se dote en 1979 d’une scolarité interne, en faisant une référence en matière de dispositif soins-études.
 En 1978 le Foyer Protégé devient le « Foyer Madran » sous le statut expérimental de foyer à double tarification.

1990 - 1998

   A partir des années 1990, l’environnement se modifie profondément, redéfinissant l’action sociale à partir de nouvelles réalités et de nouveaux concepts : massification des problèmes à prendre en compte, décentralisation, territorialisation, développement du travail en réseau, encadrement des dépenses, ordonnances de 1996. Un règlement de fonctionnement de l’association s’impose alors venant préciser les statuts pour le fonctionnement des instances et créant des commissions spécialisées permanentes.
   Dans ce contexte évolutif, les innovations se multiplient et le développement se maintient.
   L’expérience et l’effort permanent de théorisation et de recherche des équipes nous amènent à créer en 1990 un service recherche et formation animé par le Professeur Roland Doron.
   Toujours dans le souci d’améliorer nos réponses aux enjeux de l’insertion professionnelle des personnes que nous accueillons, nous créons en 1992 un service d’aide à la réhabilitation socioprofessionnelle de personnes handicapées, Média Hand’treprise.
   Au foyer Madran, face au constat des limites d’une prise en charge entraînant une certaine forme de chronicisation, il est décidé en plusieurs phases (1993 puis 1997) de faire évoluer le foyer en éclatant la structure, redéployant des places sur des appartements et une structure collective. L’établissement, en déménageant pour venir s’installer dans les locaux actuels au Bouscat, devient alors « structure de réinsertion sociale et de soins » et prend le nom de TRIADE sous le statut de foyer à double tarification, expérimental à cette époque.
   Au début de 1993, nous sommes amenés à prendre en charge le Service de Placement Familial de Saint-Sever dans les Landes, devenu le Service d’Accueil Familial. Notre présence sur ce nouveau département, et notre expérience de la prise en charge des adolescents présentant des troubles du caractère et du comportement, nous amènent à promouvoir, avec deux acteurs locaux, Mr Urrutia, éducateur spécialisé, et Mr  Laforcade, Directeur de la DDASS, la création de l’Institut Chalossais de Rééducation qui ouvre en 1995, pour une première étape, à Hagetmau.

1998 - 2005

   Malgré les contraintes budgétaires et réglementaires grandissantes, les démarches d’innovation et de développement des activités continuent.
   La réflexion sur l’aménagement et la réduction du temps de travail s’engage en amont de la loi et permet d’adapter les organisations au plus prés des besoins des usagers.
   En 1999, l’hôpital de jour, toujours pour adapter le soin aux nouveaux besoins des jeunes, crée un second appartement thérapeutique, puis un Centre d’Accueil Thérapeutique à Temps Partiel en 2003.
   Cette même année, après d’importantes mutations liées à la réorganisation territoriale et menées au sein du département, le service d’AEMO devient AED (aide éducative à domicile) se voyant confier 9 circonscriptions d’action sociale dessinant un triangle entre la pointe de Graves, le sud du Bassin d’Arcachon et Bordeaux CUB Nord-Ouest.
   En 2004, à la suite des réflexions associatives sur cette question, les Instituts de Rééducation se restructurent en deux dispositifs permettant d’offrir à chaque jeune accueilli un projet personnalisé plus souple et plus adapté en regroupant et en variant les possibilités de prise en charge. Le Principe des internats de type familial est par exemple mis en application. Par décret, les IR deviennent en 2005 des Instituts Thérapeutiques Éducatifs et Pédagogiques (ITEP). Ils poursuivent leur diversification, et afin d’offrir aux jeunes de ces territoires l’accès à une scolarisation intégrée en milieu ordinaire, nous ouvrons à cette occasion, et déjà par redéploiement, des services d’éducation spéciale et de soins et à domicile (SESSAD) dans deux zones sous-équipées du département : le Médoc et le Libournais.
   Dans les Landes, dans le cadre d’un groupe de travail des partenaires départementaux sur l’accueil des adolescents, et suite à une proposition de la DDASS et du Conseil général , nous créons un service expérimental, l’« Estancade », Centre d’Accueil Familial Spécialisé pour adolescents en difficultés multiples appuyé par un SESSAD. Ce projet innovant s’adresse à des jeunes que la litterature nomme « les incasables ».
   C’est aussi l’année où nous accueillons, à la demande d’une association en difficulté et de la DDASS de la Gironde, le Groupement de Recherche et d’Intervention sur les Conduites Addictives à Bordeaux, (GRICA).
   La même année nous nous implantons pour la première fois en Poitou-Charentes, en reprenant  l’Ecole Expérimentale de Pons, établissement sanitaire en grande difficulté, qu’il nous faut restructurer profondément et qui deviendra l’Etablissement Thérapeutique pour Adolescents de Pons (E.T.A.P.), aujourd’hui fortement référencé sur son territoire.
 2005 voit enfin la création du Service d’Accompagnement à la Vie Sociale «Insercité» pour les adultes atteints de troubles psychiques, service qui constitue une nouvelle possibilité d’alternative pour les personnes que nous accompagnons.
 Enfin, de nouvelles fonctions sont créées à la direction générale : une direction des ressources humaines, une responsable qualité, un responsable informatique.

2006 - 2012

 Cette période est d’abord celle de la montée en puissance de la communication et de la démarche qualité.
 Des plans de communication interne et externe sont élaborés : en effet, la taille atteinte par l’association (600 salariés environ) nous conduit à repenser notre communication pour renforcer le sentiment d’appartenance des salariés, mieux informer nos adhérents et nos partenaires de nos activités. Le bulletin Reliance créé en 2004 prend son rythme de croisière et le site internet www.renovation.asso.fr voit le jour, le dossier de bienvenue du salarié est créé, le projet d’intranet PICAsso débute…
   La démarche qualité se dote d’outils (référentiel Rénovation) et les autoévaluations sont réalisées dans tous les établissements.
 C’est aussi en 2008 qu’aboutit le projet stratégique de l’association pour la période 2008-2012. Il trouve notamment sa traduction dans l’élargissement des représentations d’usagers au conseil d’administration, les projets du SESSAD de Libourne, du CATTP Médoc, de l’Estancade Béarn, de l’antenne du SAF à Pau, des partenariats interassociatifs qui se développent pour le SAVS polyvalent du Bassin d’Arcachon, le SAMETH Gironde, le projet de Maison Des Adolescents de la Gironde. C’est aussi la période qui voit l’ITEP Chalossais se restructurer, ETAP développer son projet immobilier, où le GRICA se transforme en Points d’Accueil Ecoute Jeunes avant de disparaître en 2011, où le CATTP Escapa prend en charge des étudiants en partenariat avec la MGEN et l’Université.
 Ces développements sont fondés sur le souci permanent d’être fidèle aux objectifs et aux principes inscrits dans les statuts qui nous réunissent depuis longtemps ainsi qu’à la politique associative détaillée par le projet stratégique élaboré en 2008 dans une volonté de toujours nous adapter aux besoins de la population en souffrance et de développement des partenariats pour cela.